Mance, Jeanne (1606-1673)

Un des premiers colonisateurs du Canada, inspiré par la dévotion religieuse et le désir de servir Dieu, qui est crédité comme le fondateur de l’hôpital Hôtel-Dieu et le cofondateur de Montréal. Prononciation: Jan Monce. Variations de nom: Jeanne de Mance. Née Jeanne Mance à la fin de 1606 (elle fut baptisée le 12 novembre 1606) dans la ville de Langres, France; décédée à Montréal, Canada le 18 juin 1673; fille de Charles Mance (avocat) et de Catherine Émonnot Mance; jamais mariée; pas d’enfants.

Travailla comme infirmière auprès des victimes de la guerre et de la peste (1635-36); immigra en Nouvelle-France (1641); Montréal fut fondée (1642); obtint des fonds pour repousser l’attaque des Iroquois (1651); voyagea en France, revint avec des infirmières à Montréal (1658); assista à la fondation de l’église Notre-Dame (1673).

L’exploration et la colonisation de l’Amérique du Nord ont toujours été considérées comme l’œuvre des hommes. Le long de la rue. Fleuve Laurent, cependant, dans les petites colonies du 17e siècle qui devaient constituer l’épine dorsale de la Nouvelle-France, les femmes ont joué un rôle important dans les débuts de la vie coloniale. L’une de ces femmes était Jeanne Mance, née en France et qui a passé la première moitié de sa vie dans une relative obscurité. Cependant, à l’âge de 33 ans, elle avait décidé que la meilleure façon pour elle de servir Dieu était d’aller dans le Nouveau Monde pour aider au processus de colonisation et à la propagation du christianisme aux indigènes. Mance joua un rôle essentiel dans la fortune des nouvelles colonies. En tant qu’une des fondatrices de la Ville de Montréal, elle joua un rôle déterminant dans la survie de la colonie, conseillant le gouverneur et obtenant une aide financière. Elle se voit également confier la seule responsabilité de la création d’un hôpital et travaille sans relâche au fil des ans à superviser sa construction et son administration, tout en prodiguant des soins infirmiers aux colons. De plus, elle a organisé la création d’un ordre de sœurs infirmières à l’hôpital, assurant ainsi son indépendance et sa survie après sa mort. En témoignage de son succès, l’hôpital, l’Hôtel Dieu, existe toujours à Montréal.

Jeanne Mance est née fin 1606 (elle a été baptisée le 12 novembre 1606) à Langres, une ville de la province de Champagne, en France. Elle est la deuxième des douze ou treize enfants de Charles Mance et Catherine Émonnot Mance. La famille était peut-être de la noblesse mineure, bien qu’il ne fait aucun doute qu’elle était de la classe moyenne selon les normes de l’époque. Charles Mance était un proctor du roi, une position juridique d’une importance relative dans la bureaucratie du roi.

Les détails de la jeunesse de Mance sont sommaires. Selon des souvenirs enregistrés plus tard, elle a décidé à l’âge de six ou sept ans de consacrer sa vie à Dieu. Bien que cela puisse paraître jeune (et peut-être exagéré), il est important de comprendre à la fois que c’était une période de ferveur religieuse accrue en France et que la nature de la foi au 17ème siècle était différente de celle d’aujourd’hui. La religion était omniprésente dans la vie des croyants, affectant leurs actions et leurs pensées quotidiennes. Il était également de nature plus mystique, en particulier pour les catholiques romains (religion dominante des Français). Les récits de miracles et de rencontres avec des saints ou d’autres représentants de Dieu étaient courants et doivent être compris comme une caractéristique de cette période. Quel que soit l’âge auquel elle a pris la décision, il ne fait aucun doute qu’à un stade précoce de sa vie, Mance avait décidé de servir Dieu. Cependant, elle ne souhaitait pas devenir religieuse, car cela nécessitait un retrait dans le cloître. Au lieu de cela, Mance semble avoir cru que sa « vocation » consistait à aider les autres. Ainsi, ses premières années ont été consacrées aux soins des malades et des blessés.

L’engagement de Mance envers les soins infirmiers s’est forgé au cours des années 1635-1636. La région où elle vivait fut envahie par les Lorrains en 1635. Comme souvent, la bataille a été suivie par le pillage et la destruction des maisons et des biens et par le massacre à grande échelle de la population locale. En 1636, la maladie et la peste en étaient la conséquence naturelle, ajoutant à la dévastation de la région. Tout au long de cette période, Mance a agi comme infirmière, s’occupant des soldats blessés sur le champ de bataille et de la population frappée par la peste.

Jusqu’à présent, Mance ne savait pas quel serait son parcours de vie. En 1640, alors qu’elle assiste aux offices de Carême, elle a l’occasion de converser avec un chanoine de la cathédrale de Langres. Finalement, leur conversation est passée au sujet de l’activité missionnaire en « Nouvelle-France. » (En 1640, la France comptait un certain nombre de petites colonies situées le long du Saint-Laurent dans l’actuel Québec.) Mance a été impressionné et inspiré par les efforts de l’Église pour christianiser et « civiliser » la population autochtone. Parmi les fidèles, il existait une croyance authentique selon laquelle c’était la volonté de Dieu et dans l’intérêt supérieur des indigènes qu’ils soient convertis et dissuadés des voies « païennes ». Mance est particulièrement impressionné par l’apport des femmes en Nouvelle-France. Dans les colonies françaises, contrairement à celles de Grande-Bretagne, les femmes ont joué un rôle de premier plan dans la colonisation et l’activité missionnaire au début de

. Des couvents existaient, offrant aux femmes une alternative au mariage et à la maternité. De nombreux ordres étaient dédiés à des services sociaux tels que l’enseignement et les soins infirmiers, offrant ainsi aux femmes catholiques la possibilité de jouer un rôle dans la société. En Nouvelle-France, deux ordres de religieuses participent déjà à l’établissement d’hôpitaux et d’écoles.

À la suite de cette conversation, Mance commence à envisager la possibilité d’aller en Nouvelle-France. Mais ce n’était pas une décision facile à prendre, et comme c’était extrêmement dangereux, sa famille était complètement opposée. La Nouvelle-France était une région sauvage instable au climat rigoureux, dépourvue même des conforts les plus rudimentaires de la civilisation et confrontée à la menace d’attaques de la population autochtone. La distance était formidable. Le voyage en mer était également dangereux, prenait au moins six semaines et ne pouvait être effectué que pendant les mois d’été, ce qui signifie qu’il n’y avait aucune communication avec les colonies pendant la majeure partie de l’année. Effectivement, cela signifiait qu’elle serait complètement coupée de ses amis et de son pays. De plus, Mance était de constitution fragile, ce qui la rendait vulnérable à la maladie. Et, bien sûr, c’était une femme. Comme elle n’appartenait pas à un ordre religieux, on se demandait ce qu’elle ferait en Nouvelle-France et par quels moyens elle y arriverait même.

Néanmoins, Mance a persisté. Le chanoine lui apporte son soutien et l’encourage à se rendre à Paris pour consulter le père Charles Lalemant, prêtre jésuite responsable des activités missionnaires canadiennes. Mance a caché ses intentions à sa famille, affirmant qu’elle allait à Paris rendre visite à des cousins. Pendant son séjour à Paris tout au long de l’été 1640, ses plans se solidifient; elle rencontra deux fois le père Lalemant et fut encouragée par lui à tenter le voyage. Pourtant, de sérieux obstacles se dressaient sur son chemin. Cependant, la nouvelle commença à se répandre dans la société parisienne de l’élite au sujet de la dévotion religieuse de Mance et de son désir d’aller aux colonies. Finalement, elle est présentée à Angélique Faure, la veuve de Claude de Bullion (surintendant des finances du gouvernement français), une femme très riche qui s’implique activement dans le soutien de nombreuses œuvres caritatives. Après quatre visites, Madame de Bullion fut si impressionnée par Mance qu’elle lui demanda de se rendre en Nouvelle-France dans le but d’y établir un hôpital au profit de la colonie. Bien qu’elle finance l’hôpital et soutienne Mance, la veuve demande que son nom soit gardé secret.

Montréal a une grande dette envers.

— Sophy L. Elliott

Au printemps 1641, Mance arrive au port de La Rochelle prêt à embarquer pour le Nouveau Monde. Dans une église de cette ville, elle rencontre Jérôme de La Dauversière, fondateur d’une association appelée Compagnie de Montréal. Composée de 45 hommes et femmes dévots, la Compagnie avait été créée dans le but de fonder une colonie dans le Nouveau Monde qui s’appellerait Ville Marie de Montréal (aujourd’hui Montréal, Canada). Ce devait être une colonie religieuse, dédiée à la Sainte Famille, et quelques colons, des vivres et le gouverneur élu de la nouvelle colonie, Paul de Chomedey de Maisonneuve, étaient déjà réunis pour partir. Estimant que le petit groupe de colons avait besoin d’une femme pour s’occuper de l’administration des approvisionnements et des soins aux malades, Dauversière lui demanda de se joindre à la Compagnie. Ainsi, Jeanne Mance est devenue membre de la Compagnie de Montréal et a reçu une destination concrète dans le Nouveau Monde où elle pourrait établir un hôpital.

Avant d’embarquer, Mance suggéra à Dauversière que la Compagnie de Montréal élargisse ses membres afin de disposer d’une plus grande base de soutien financier pour assurer la survie de la colonie. Elle lui a demandé d’écrire et de lui envoyer plusieurs exemplaires d’un aperçu du plan de l’entreprise. Une fois qu’elle a reçu le plan, elle l’a distribué, avec une invitation personnelle d’elle-même, aux nombreuses personnes éminentes et charitables avec lesquelles elle avait fait connaissance. Grâce à ce moyen, Mance a pu obtenir plusieurs nouveaux membres pour l’entreprise qui étaient prêts à donner de l’argent.

Le groupe appareille sur deux navires au début du printemps de 1641, et Jeanne Mance arrive à la colonie de Québec (l’actuelle ville de Québec) au début du mois d’août. Il fut bientôt décidé qu’il était trop tard dans la saison pour tenter de fonder une colonie avant que l’hiver ne s’installe, et le groupe décida donc d’hiverner à Québec. Au cours des neuf mois suivants, ils se heurtèrent à l’opposition du gouverneur et des résidents de Québec. Certains craignaient qu’une nouvelle colonie leur fasse concurrence pour les fourrures des autochtones, tandis que d’autres croyaient qu’il serait préférable pour tous que les nouveaux arrivants restent à Québec et contribuent au développement de cette colonie. Néanmoins, le 17 mai 1642, Mance et son groupe arrivent sur l’île de Montréal pour fonder une nouvelle colonie. Par conséquent, Jeanne Mance et Paul de Maisonneuve sont crédités d’être les fondateurs de Montréal.

Une fois la colonie établie, elle se heurtait encore à de sérieux obstacles à sa survie. Au-delà des rigueurs de la fondation d’une colonie au milieu de la nature sauvage, il y avait la menace toujours présente d’attaques de la part des nations iroquoises. Dans les premiers temps de l’intervention européenne au Canada, Jacques Cartier et Samuel de Champlain, dans leur désir de s’assurer un approvisionnement régulier en fourrures de la population autochtone, avaient noué une alliance avec les Hurons, qui étaient en guerre contre les Iroquois. À partir de ce moment, les Iroquois considèrent les Français comme leurs ennemis. Montréal, située le plus à l’intérieur des terres au milieu du territoire iroquois, était la plus grande menace de toutes les colonies. Par conséquent, les maisons et les champs des colons ont été construits autour d’une forteresse de pierre dans laquelle étaient entreposés des armes à feu, des munitions, de la nourriture et des vêtements. En cas d’attaque, tous pouvaient se retirer dans le fort. Le premier hiver s’est passé paisiblement, donnant aux colons le temps nécessaire pour défricher les terres, construire leur fort et construire des maisons. Mance reçut alors la nouvelle qu’une importante somme d’argent avait été envoyée par Madame de Bullion pour la construction de l’hôpital de Montréal. Se sentant en sécurité, Mance soutient que les fonds pourraient être mieux utilisés par les jésuites dans leur travail missionnaire chez les Hurons. Mais Madame de Bullion a insisté pour qu’un hôpital soit construit, et la construction a été commencée immédiatement, avec une structure permanente achevée en 1645. Cette insistance fut une chance, car Mance se retrouva bientôt à utiliser les compétences d’infirmière qu’elle avait développées sur le champ de bataille en France pour soigner les colons blessés lors d’attaques sporadiques des Iroquois.

En 1649, la guerre entre les Iroquois et les Hurons prit fin avec la quasi-extermination de ce dernier groupe. Les Iroquois tournent immédiatement toute la force de leurs efforts vers les Français. En 1651, la situation à Montréal est critique. Une attaque soutenue avait forcé les colons à se retirer dans leur fort, et leur nombre s’était sérieusement épuisé. À l’été 1651, un des colons montréalais, Dollier de Casson, écrit :  » Il n’y a pas un mois de cet été où notre livre des morts n’a pas été taché en lettres rouges par les mains des Iroquois. » Il était évident que cet état de siège ne pouvait durer longtemps ; les vivres allaient bientôt s’épuiser et les colons n’étaient pas en mesure de s’occuper des affaires de subsistance, telles que l’entretien des récoltes. Mais ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour acheter les armes, les munitions et la main-d’œuvre nécessaires. À cette époque, le gouvernement français, préoccupé par les problèmes du pays et peu convaincu que les colonies ont quelque chose à apporter, ne veut pas fournir le matériel, les hommes et la force militaire nécessaires pour mettre les colonies sur des bases solides. Écrit Mance:

Tout le monde était découragé ; je sentais quelle perte ce serait pour la religion et quelle honte pour l’État si nous devions perdre la colonie après tout ce que nous avions fait ; j’exhortais donc M. de Maisonneuve à aller chercher de l’aide en France.

On espérait qu’avec le soutien financier de la Compagnie de Montréal, le gouverneur de Maisonneuve serait en mesure d’obtenir des armes et des soldats, bien que tous aient compris que la Compagnie n’en avait peut-être pas les ressources. À ce moment, Mance a élaboré un plan pour sauver la colonie. Elle expliqua à Maisonneuve qu’une partie de l’argent que lui avait donné Madame de Bullion (une somme importante) existait encore et pouvait être utilisée à des fins de défense. Compte tenu de la détermination de son bienfaiteur à n’utiliser l’argent que pour l’hôpital, Mance chargea le gouverneur d’expliquer à Madame que la survie de l’hôpital dépendait du maintien d’une colonie qui nécessitait la protection d’une compagnie de soldats. Ainsi, indirectement, l’argent devait être utilisé pour l’hôpital. En échange de l’argent, Mance exigea que l’hôpital reçoive 100 acres de terres défrichées pour l’aider à subvenir à ses besoins futurs. Maisonneuve accepte la proposition, bien qu’il doive s’adresser à Madame avec délicatesse compte tenu de son désir continu de garder l’anonymat.

Maisonneuve met alors le cap sur la France, laissant la colonie attendre un autre hiver pour avoir la nouvelle de son retour. Désespéré de nouvelles, Mance se dirigea vers Québec une fois le printemps arrivé en 1653. À son arrivée, elle fut soulagée d’apprendre que Maisonneuve était sur le chemin du retour avec un contingent de soldats. L’attente était tendue : deux jours seulement après que Mance eut traversé Trois Rivières en route vers Québec, cette colonie fut attaquée par les Iroquois. Au Québec, tous ont réalisé que si Trois rivières tombaient, Québec et Montréal seraient les prochains. Finalement, après des retards dus au mauvais temps, Maisonneuve arrive à Québec le 22 septembre 1653, accompagné de soldats ainsi que de quelques nouveaux colons et de fournitures. La présence des soldats a effrayé les Iroquois, les obligeant à mettre fin à leur agression. Mance avait sauvé la colonie de l’extinction. Renouvelés et nouvellement inspirés, les colons ont repris le processus de construction de leur colonie.

Quelques années plus tard, le 28 janvier 1657, alors qu’elle se rendait à l’hôpital pour assister une patiente, Mance tomba sur la glace, se fracturant le bras et se disloquant le poignet. Bien que la fracture ait été réparée par un médecin, la luxation n’a pas été remarquée au départ. Dans les six mois, elle ne pouvait plus utiliser son bras et sa main droits. Incapable de s’occuper de ses patients et en grande souffrance, elle part pour la France le 14 octobre 1658, accompagnée de Marguerite Bourgeoys, dans l’espoir qu’un médecin français puisse l’aider. Elle a également dû s’occuper de certaines questions concernant l’hôpital. Le plan initial de Dauversière (et de Mance et de son bienfaiteur) était qu’un nouvel ordre, les Hospitaliers de Saint-Joseph de La Flèche, se rendrait à Montréal une fois l’hôpital fondé pour le gérer et l’exploiter. Mance craignait que ce plan ne se réalise à cause des pressions croissantes, notamment de l’évêque de Montréal et du supérieur jésuite, pour que le contrôle de l’hôpital soit confié aux Hospitaliers de Québec. Avec deux religieuses de Québec qui la remplaçaient pendant son absence, Mance savait qu’elle devait assurer l’arrivée des Hospitaliers de La Flèche sous peine de perdre le contrôle de l’hôpital au profit de l’ordre de Québec. Son voyage a été un succès. Grâce à des rencontres avec Madame de Bullion, elle reçoit des fonds supplémentaires pour payer le transport et l’établissement de trois religieuses de La Flèche à Montréal. Avec cette loi, l’établissement d’un hôpital à Montréal est enfin achevé. Pendant des années, Mance avait supervisé la construction de l’hôpital d’une petite salle en bois à une grande structure bien fortifiée. Elle l’avait administré et soigné les malades. De plus, elle avait assuré la survie physique de l’hôpital en assurant les soldats et sa survie financière grâce à l’acquisition des 100 acres de terre et des fonds substantiels de son bienfaiteur. Maintenant, elle s’était assurée que l’hôpital resterait indépendant en créant les Hospitaliers de La Flèche pour l’exploiter dans les années à venir. L’hôpital fondé par Mance est maintenant l’Hôtel Dieu de Montréal.

Pendant son séjour en France en 1658, Mance a cherché auprès de divers médecins, mais n’a pas reçu, un remède pour son bras et sa main blessés. Apparemment, le 2 février 1659, elle se rendit à la Chapelle Saint-Sulpice pour prier sur la tombe de M. Olier, l’un des membres originaux de la Compagnie de Montréal. Alors qu’elle était là, elle a touché une urne contenant le cœur d’Olier, qui a été conservée comme relique, et selon les archives, un miracle s’est produit. Que ce soit le cas ou non, il ne fait aucun doute que lorsque Mance revint à Montréal en novembre 1659, elle avait retrouvé l’usage complet de sa main.

Si elle s’arrêtait pour faire une pause en 1660, Jeanne Mance éprouvait probablement une certaine satisfaction. Même si elle vivait encore dans un état de misère et de pauvreté, la colonie de Montréal était finalement établie sur des bases solides, tout comme l’hôpital auquel elle avait consacré la moitié de sa vie. Avec l’arrivée des sœurs infirmières, Mance a pu travailler moins, laissant les religieuses s’occuper des malades tout en se préoccupant strictement de l’administration. La colonie était encore menacée par les attaques indigènes, en particulier pendant les années 1660-66. Cependant, après 1663, le gouvernement français a commencé à jouer un rôle plus direct dans l’administration et la protection des colonies, et les colons n’ont donc pas eu à assurer et à financer leur propre défense. Le gouvernement français envoie le régiment de Carignan-Salières pour mettre fin à la guerre contre les Iroquois. En 1667, les combats avaient pratiquement cessé, laissant les colonies à nouveau en sécurité pour poursuivre la colonisation. La population de Montréal (et des autres colonies) augmente régulièrement, en partie grâce au parrainage de nouveaux immigrants par le gouvernement. En raison de la présence d’un nombre croissant de soldats et d’aventuriers, la nature religieuse de la colonie s’amenuisait. Cela dérangeait probablement Mance qui, avec les autres premiers membres, avait espéré créer une colonie religieuse. Pourtant, pour ce fondateur de Montréal, il devait être réconfortant de se rendre compte dès 1672 que la colonie allait survivre.

Le dernier acte officiel de Mance à Montréal eut lieu au printemps de 1673, lorsqu’elle fut l’une des cinq personnalités qui posèrent la première pierre de l’église paroissiale Notre-Dame. Le fait qu’elle ait été honorée en même temps que les quatre fonctionnaires les plus éminents de la colonie (le gouverneur général, le gouverneur de Montréal, l’intendant et le supérieur du séminaire) témoigne de l’importance et de l’estime avec lesquelles elle était considérée. À cette époque, Jeanne Mance avait 66 ans. Compte tenu de la fragilité de sa jeune femme, sa santé avait été remarquablement bonne pendant ses années à Montréal et elle avait vécu une longue vie selon les normes du 17e siècle. Jeanne Mance meurt le soir du 18 juin 1673, peu de temps après avoir assisté à la cérémonie de fondation.

sources :

Elliott, Sophy L. Les pionnières de l’Amérique du Nord. Gardenvale, Québec : Presse de la Cité-Jardin, 1941.

Foran, J.K. Jeanne Mance : Sa vie. Montréal, Québec : Herald Press, 1931.

Pepper, Mary Sifton. Servantes et matrones de la Nouvelle-France. Boston, MA : Little, Brown, 1901.

lectures suggérées :

D’Allaire, Micheline.  » Jeanne Mance à Montréal en 1642 « , en force. 1973, p. 38 à 46.

Daveluy, Marie-Claire. Jeanne Mance. Montréal, Québec : Fides, 1962.

Catherine Briggs, Ph.D. candidat, Université de Waterloo, Waterloo, Ontario, Canada