Jean-Pierre

John Bigelow (1817-1911) était consul américain à Paris pendant la guerre de Sécession, puis ministre en France. Également journaliste et rédacteur en chef, il a pris une part active aux affaires publiques pendant plus de 70 ans.

John Bigelow est né le nov. Le 25 novembre 1817, à Bristol (aujourd’hui Malden), dans l’État de New York, il est diplômé de l’Union College en 1835. Pendant ses études de droit à New York, il écrit des essais politiques et des critiques pour des journaux et s’implique dans la politique du parti démocrate. Son ami Samuel J. Tilden lui obtint une nomination en 1845 comme inspecteur de la prison de Sing Sing, où il se fit une réputation de défenseur de la réforme pénale. En 1848, William Cullen Bryant invita Bigelow à devenir copropriétaire et rédacteur en chef du New York Evening Post, un journal libéral-démocrate fortement engagé dans le libre-échange et la réforme humanitaire. En 1855, les éditeurs ont rompu avec le parti démocrate parce qu’il soutenait l’extension de l’esclavage au Kansas. Bigelow rejoint le parti républicain anti-esclavagiste peu après, malgré son aversion pour ses politiques tarifaires élevées.

En 1861, Bigelow, prospère et largement connu, se retira du Evening Post. Peu de temps après, le président Abraham Lincoln le nomme consul général à Paris. L’administration Lincoln craignait que la sympathie des Européens pour la Confédération ne conduise à une reconnaissance diplomatique et à une aide matérielle. Les représentants de l’Amérique à l’étranger ont donc été impliqués dans les efforts visant à empêcher une intervention étrangère. Une grande partie de la presse européenne était favorable à la Confédération, et Bigelow travailla assidûment à établir un climat d’opinion plus favorable. Il publie de nombreux articles défendant la cause syndicale et mettant en garde contre toute implication française dans le Sud. Il travailla aussi efficacement dans les coulisses — d’abord comme consul américain, puis comme ministre en France (1865-1866) — pour contrer l’opposition française au blocus des ports confédérés par l’Union, pour apaiser la colère suscitée par l’affaire Trent et pour prévenir toute atteinte à la neutralité française. À la fin de son mandat, il tente de renverser l’intervention militaire française au Mexique.

En 1866, Bigelow démissionna et retourna aux États-Unis. Il ne s’engagea dans la politique active que brièvement par la suite — pour aider Tilden, maintenant gouverneur de New York, dans sa campagne contre la corruption politique dans l’État au début des années 1870, pour se présenter comme démocrate au poste de secrétaire d’État de New York en 1875, pour travailler à l’élection de Tilden à la présidence en 1876 et pour servir de délégué à la convention constitutionnelle de New York en 1894. Les principales réalisations littéraires de Bigelow après la guerre comprenaient la première publication (1868) de la version authentique de l’autobiographie de Benjamin Franklin, dont il avait trouvé le manuscrit en France; l’édition de 10 volumes des œuvres de Franklin (1887-1889); l’édition des discours et des lettres de Tilden; et la rédaction de la biographie de Bryant (1890). Bigelow a également publié des articles de périodiques et de journaux sur une variété de questions sociales et politiques. En tant qu’exécuteur testamentaire de Tilden, il contribue à la création de la Bibliothèque publique de New York en 1895.

Lectures complémentaires

L’autobiographie de Bigelow est une rétrospective d’une Vie active (5 vols., 1909-1913). Margaret A. Clapp, Forgotten First Citizen: John Bigelow (1947), est une biographie sympathique et compétente. □